Crise humanitaire en RDC : le gouvernement alerte sur l’aggravation de la situation humanitaire
La République démocratique du Congo fait face à une pression humanitaire croissante. Réuni ce jeudi 9 avril à Kinshasa, le Cadre national de concertation humanitaire (CNCH) a dressé un état des lieux préoccupant de la situation à travers le pays, marqué par la persistance des conflits, les déplacements massifs de populations et la multiplication des vulnérabilités.
Malgré l’ampleur des besoins, le financement du Plan de réponse humanitaire 2026 reste largement insuffisant. À ce jour, seulement 30 % des 2,54 milliards de dollars requis ont été mobilisés, soit 424 millions de dollars, selon les chiffres communiqués lors de cette première réunion annuelle présidée par la Première ministre Judith Suminwa, au Salon rouge de l’immeuble du Gouvernement.
Dans son allocution, la cheffe du Gouvernement a rendu hommage aux autorités provinciales, aux équipes médicales, aux acteurs humanitaires ainsi qu’aux organisations communautaires engagées sur le terrain. Elle a également plaidé pour une rationalisation du fonctionnement du CNCH, afin de le transformer en un organe plus stratégique dans la coordination des réponses d’urgence. Elle a insisté sur la nécessité de redynamiser le dispositif et de renforcer le respect de ses missions.
La Première ministre a par ailleurs mis l’accent sur le renforcement du Groupe de Travail Technique (GTT), appelé à jouer un rôle central dans l’amélioration de la coordination entre les experts des ministères et les partenaires humanitaires. L’objectif est de rendre les interventions plus efficaces face à l’urgence.
La situation demeure particulièrement alarmante dans l’Est du pays, où la persistance des affrontements armés provoque des déplacements massifs de populations. À cela s’ajoutent des crises climatiques et sanitaires qui aggravent la précarité des communautés. Cette superposition de crises accentue les besoins en sécurité alimentaire, nutrition, protection et accès aux services sociaux de base.
Face à cette réalité, le Gouvernement a réaffirmé ses priorités, notamment la protection des populations civiles, la continuité des services sociaux essentiels (santé, éducation, eau et assainissement) ainsi que le renforcement de la résilience des communautés. Selon les données de décembre 2025, 14,9 millions de personnes nécessitent une assistance humanitaire en 2026, tandis que plus de 25 millions souffrent d’insécurité alimentaire. Malgré les efforts, le déficit de financement reste préoccupant, appelant à une mobilisation accrue des partenaires et à une meilleure coordination des interventions.
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