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Mai-Ndombe : Pour une cohabitation apaisée entre la Police de circulation routière et les chauffeurs de motos à Inongo (Israël BONGO)

Depuis plusieurs années, la ville d’Inongo, chef-lieu de la province du Mai-Ndombe, est le théâtre d’une relation tendue, souvent conflictuelle, entre la Police de circulation routière (PCR, communément appelée roulage) et les chauffeurs de motos, communément appelés monto ou wewa.

Cette situation, loin d’être anodine, est devenue une véritable problématique sociale et sécuritaire.

En effet, cette mauvaise relation a déjà entraîné des conséquences graves, allant jusqu’à des pertes en vies humaines au cours des années passées. Des altercations lors des contrôles routiers, des poursuites mal maîtrisées, des incompréhensions et parfois des abus ont plongé la population dans l’émotion, la peur et l’indignation. Or, aucune société ne peut se construire durablement dans un climat de méfiance permanente entre les forces de l’ordre et les citoyens.

Il est important de rappeler que la PCR a pour mission principale d’assurer la sécurité routière et de faire respecter le code de la route. De leur côté, les chauffeurs de motos jouent un rôle essentiel dans la mobilité urbaine à Inongo, où les motos constituent l’un des principaux moyens de transport. Les considérer uniquement comme des contrevenants ou, à l’inverse, voir la police uniquement comme un instrument de répression, ne fait qu’aggraver la fracture existante.

L’une des causes majeures de cette tension réside dans le manque de maîtrise du code de la route par un grand nombre de chauffeurs de motos. Beaucoup exercent ce métier sans formation préalable, sans connaissance suffisante des règles de circulation, ni des obligations légales exigées par la PCR. Cette ignorance, combinée à une application parfois brutale de la loi, crée un cocktail dangereux.

Face à cette réalité, il est temps que les autorités urbaines prennent une initiative forte, responsable et durable. Nous proposons l’organisation de formations obligatoires et régulières à l’intention des chauffeurs de motos, axées sur :

• la connaissance du code de la route ;

• les droits et devoirs du chauffeur ;

• les comportements à adopter lors des contrôles de la PCR ;

• la sécurité routière et la prévention des accidents.

Ces formations devraient se faire en collaboration avec la PCR, la mairie, les associations de chauffeurs de motos et la société civile. Une telle démarche favoriserait la compréhension mutuelle, réduirait les conflits et contribuerait à sauver des vies.

La répression seule n’a jamais suffi à instaurer l’ordre. L’éducation, la sensibilisation et le dialogue sont des outils puissants pour bâtir une ville plus sûre et plus humaine. Inongo mérite une circulation routière apaisée, respectueuse des lois, mais aussi de la dignité humaine. Il en va de la responsabilité de tous : autorités, policiers, chauffeurs et citoyens.

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