Mai-Ndombe: les difficultés de paiement des agents publics au centre de l’audition de Serge Richard Mputu Bonsisa par la Commission ECOFIN
La question du paiement des agents et fonctionnaires de l’État demeure au cœur des préoccupations dans la province du Mai-Ndombe. Dans le cadre de sa mission de contrôle parlementaire, la Commission Économie et Finances (ECOFIN) de l’Assemblée provinciale a auditionné le 26 mai 2026, Serge Richard Mputu Bonsisa, responsable de Bonsisa-EMFD, structure opérant comme agent payeur d’Ecobank dans la province, afin d’obtenir des éclaircissements sur les difficultés liées à la bancarisation, aux opérations de paie et aux contraintes rencontrées par les agents publics dans plusieurs territoires du Mai-Ndombe.

Au cours de son intervention, le Directeur général de Bonsisa-EMFD a expliqué que le contexte géographique et les difficultés de mobilité dans le Mai-Ndombe influencent fortement l’organisation des opérations de paiement. Il a indiqué que certains territoires concentrent la majorité des effectifs des agents publics, justifiant la localisation actuelle des sites de paie.
Selon lui, les zones disposant du plus grand nombre d’agents bénéficient naturellement d’une meilleure couverture opérationnelle, tandis que des territoires plus éloignés ou à faible densité d’agents restent confrontés aux défis liés à l’accessibilité. Il a néanmoins assuré qu’aucune difficulté majeure n’a, jusqu’à présent, nécessité une multiplication systématique des points de paiement, même si certaines solutions ponctuelles ont été mises en place afin de rapprocher les services des bénéficiaires.

Le responsable de Bonsisa-EMFD a également insisté sur les contraintes logistiques et sécuritaires qu’implique toute extension des opérations de paie dans les zones éloignées. Selon lui, toute réorganisation nécessite une coordination préalable avec Ecobank, banque principale chargée des opérations financières.
« Je dois d’abord échanger avec la banque », a-t-il expliqué, précisant que son entreprise agit dans le cadre strict des orientations définies par Ecobank. « C’est Ecobank qui est redevable à l’État. Moi, je suis redevable à Ecobank », a-t-il déclaré devant les députés provinciaux.
Abordant la question de la bancarisation, le Directeur général de Bonsisa-EMFD a expliqué que plusieurs difficultés subsistent dans l’identification des agents publics. Il a évoqué des résistances observées dans certains services administratifs, ralentissant le processus de création des comptes bancaires destiné à moderniser le système de paie.
Selon lui, les opérations bancaires ne s’effectuent pas manuellement mais à travers des comptes bancaires, d’où la nécessité d’identifier correctement les agents afin d’assurer un paiement sécurisé et conforme aux procédures financières établies.
Prenant la parole à l’issue des travaux, le député provincial élu du territoire de Kutu, Patrick Kalina Kelekazina, membre de la Commission ECOFIN, a évoqué les nombreuses difficultés rencontrées par les fonctionnaires de l’État dans la province.
L’élu provincial a notamment dénoncé les cas d’agents absents des listings de paie ou écartés des fichiers administratifs, une situation qu’il considère comme particulièrement préoccupante. Selon lui, plusieurs fonctionnaires se retrouvent privés de leurs rémunérations à la suite d’irrégularités administratives ou de dysfonctionnements liés au processus de bancarisation.

Patrick Kalina Kelekazina a également attiré l’attention sur les défis structurels liés à la faible présence bancaire dans plusieurs territoires du Mai-Ndombe, estimant que cette réalité doit être davantage prise en compte dans les mécanismes de paiement des agents publics.
Le député provincial a par ailleurs plaidé pour des recommandations solides auprès du gouvernement et des structures concernées afin d’améliorer le système actuel et de garantir un accès plus équitable aux salaires des fonctionnaires de l’État.
Au-delà des échanges techniques, cette audition a mis en lumière les défis persistants liés à la bancarisation, à l’accessibilité des services financiers et à la régularité du paiement des agents publics dans le Mai-Ndombe.
Les recommandations qui seront formulées par la Commission ECOFIN et examinées en plénière pourraient contribuer à renforcer les mécanismes existants et à améliorer les conditions de prise en charge des fonctionnaires de l’État dans cette province confrontée à d’importants défis logistiques et infrastructurels.
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